Dieu, ce juge implacable dont il faut apaiser la colère

Vous êtes marqué par l'image d'un Dieu au jugement implacable. Cette figure suscite, au fond de vous, la peur de mal faire et la culpabilité de ne pas être à la hauteur des attentes de Dieu. Vous essayez de respecter la loi de Dieu et d'agir en conformité avec les valeurs et la morale évangélique : faire le bien autour de soi, être attentionné, mener une vie digne et droite, autant que possible. Vous vous investissez dans une pratique religieuse régulière et variée (messe, pèlerinage, jeûne, aumône, etc.). Mais le plus difficile à accepter, pour vous, c'est d'avoir le sentiment de ne jamais progresser vraiment, de retomber souvent dans les mêmes ornières. Avec le temps, vous avez l'angoissante impression que tout ce que vous pourrez faire de bien et de bon ne sera jamais suffisant pour vous racheter aux yeux de Dieu et vous assurer ainsi votre salut A la messe, vous vous reconnaissez particulièrement dans la première partie de cette phrase : " Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir mais dis seulement une parole et je serai sauvé ". Cette conscience aigüe de la puissance du péché, de la crainte de la condamnation, vous mine et vous angoisse. Même quand le bonheur vient, vous craignez qu'il ne dure pas car, pensez-vous, toutes les bonnes choses ont une fin et tout se paye... Même si vous y croyez profondément, vous avez du mal à percevoir, dans votre vie, la réalité et les effets de cette Bonne Nouvelle dont vous entendez si souvent parler à l'église mais qui vous semble aujourd'hui encore si lointaine.

Pour aller plus loin :
S'il fallait décrire le système religieux dans lequel vous vous trouvez, on pourrait le décrire comme une tentative d'arracher à Dieu une réaction favorable grâce à une observation de la loi et la pratique des bonnes œuvres. La limite ? On se rend vite compte que le respect le plus strict du code de la route divin ne suffit ni à compenser le péché, dans lequel on finit souvent par retomber, ni à obtenir une attitude favorable du juge : quoi que nous fassions, nous restons toujours des débiteurs insolvables... Il peut être bon de remonter à la source : d'où vous vient cette image de Dieu ? Qui vous a présenté Dieu ainsi ? Avez-vous déjà entendu d'autres manières de parler de Dieu ? Comment faites-vous coïncider cette image avec celle du Dieu que nous révèle Jésus Christ dans les Evangiles : celui qui accueille tout le monde sans exception ? Avec le Christ, on sort enfin du régime de la peur et de la sanction pour entrer dans celui du don gratuit. Saint Paul rappelle : " Il n'y a donc plus maintenant de condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus. La loi de l'Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus t'a affranchi de la loi du péché et de la mort. " Autrement dit, vous n'avez plus d'effort ou de sacrifices à fournir pour " gagner " votre salut : le fait d'être un débiteur insolvable n'est pas un obstacle pour Dieu. Il n'y a pas d'addition à payer ou de ticket de péage ! Le salut est offert gratuitement, sans contre partie d'aucune sorte ! On est loin de la mentalité comptable humaine. L'amour de Dieu ne varie pas en fonction de nos mérites ou de nos péchés. Il nous aime tel que nous sommes (et c'est ce que nous avons tant de mal à croire !). La question qui vous est aujourd'hui posée est la suivante : acceptez-vous d'être sauvé par Dieu malgré vos manquements, vos péchés, vos faiblesses ? Acceptez-vous d'être accepté, aimé de Dieu dès maintenant tel que vous êtes, sans n'avoir rien d'autre à répondre que oui ?

     
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